Touch screens

simulated touch screen video

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Les matières

In mehreren Arbeiten zu Beginn der 90er Jahre nutzt Eric Lanz die Faszination vom aufkommenden Gebrauch des Touchscreens, dessen Erfindung eine neue Ära der „Interaktivität“ propagierte. Dabei programmiert der Künstler keine Touchscreen-Interaktivität, sondern inszeniert die Choreographie von Handlungs- und Bildabfolgen, den Umgang mit denselben.
Der Touchscreen erfährt seine wesentliche Bedingtheit aus einer kleinen Geste: eine minimale körperliche Bewegung, die, da sie vorab mythenschaffend wurde, die Verbindlichkeit eines Universalzeichens in sich birgt. Der Mythos der Geste imprägniert nahezu den Berührungsbildschirm. Den Finger in eine Wunde zu legen, bedeutet Wahrhaftigkeit mit den Sinnen zu erfahren und etwas auf Haut und Nieren zu überprüfen. Die magische Berührung birgt ebenso göttliche und universale Kraft. Die Berührung der Hand kann Totes zum Leben erwecken. Eric Lanz setzt die Konnotationen der Geste vielschichtig und nicht zuletzt ironisch ein. Der Touchscreen erscheint wie ein Zauberglas, eine magische Grenze zwischen zwei Welten, zwischen Fakt und Fiktion, zwischen Wahrheit und Täuschung, zwischen Realität und Illusion. Sie ist ein Zauberglas, das die Dinge vor offenen Augen verwandelt.
In Les matières führt der Künstler eine bezwingende Bestandsaufnahme von Alltagsmaterialien vor, die uns in pulverigem, breiigen oder schaumigen Zustand begegnen.
Wem mag die Hand gehören, die in Les matières durch Mehlstaub fährt oder Seifenlauge und Milch zerreibt? Die analysierende Berührung scheint die Materialien zu verwandeln. Doch ist die Verwandlung nicht mehr nachvollziehbar geschweige denn verifizierbar. Alle Materialien sind weiß, ein wenig überbelichtet und erscheinen bis zur Unkenntlichkeit ähnlich.
Zudem ist eigentlich nicht die primär berührende Hand, die die Materialien untersucht, für ihre Verwandlung zuständig. Sie erscheint als Bild im Bild. Protagonist ist eine steuernde Hand, die das Bild der ersteren Experimentieranordnung als Touchscreen zum Vorschein zu bringen scheint bzw. die erste Hand fernzusteuern weiß.
Dem authentischen, sinnlichen Erlebnis ist eine ferngesteuerte Vorführung als mediales Surrogat gewichen. Der menschliche Tastsinn ist zwar um ein Interface erweitert worden, doch führt die delegierte Abfolge zu einem Verlust der faktischen Beherrschbarkeit. Die Möglichkeit auswählen, berühren und agieren zu dürfen, bleibt rein konzeptuell.
Sabine Maria Schmidt

Les matières (liquides)
 

Au début des années 1990, Eric Lanz exploite dans plusieurs travaux la fascination liée à l’apparition de l’écran tactile dont l’invention propageait une nouvelle ère d’« interactivité ». Cependant, l’artiste ne programme aucune interactivité par écran tactile, mais il met en scène une chorégraphie dans laquelle gestes et images se succèdent et se conditionnent.
L’écran tactile est essentiellement conditionné par un petit geste, mouvement minimal du corps, qui, parce qu’il fut auparavant porteur d’un mythe, recèle en lui l’exigence d’un signe universel. Le mythe du geste imbibe pour ainsi dire l’écran tactile. Mettre le doigt sur une plaie signifie éprouver la véracité par les sens, examiner sur toutes les coutures. Le contact magique renferme lui aussi une force divine et universelle. Le geste de toucher avec la main peut réveiller le mort à la vie. Eric Lanz met en jeu les connotations de ce geste de manière multiple et non sans ironie. L’écran tactile apparaît comme une « glace magique », une frontière surnaturelle entre deux univers, entre certitude et fiction, entre vérité et mystification, entre réalité et illusion.
Dans Les matières, l’artiste établit un inventaire fascinant de matières quotidiennes qui se manifestent à nous à l’état de poudres, de mousses ou de bouillies.
À qui peut bien appartenir cette main qui glisse dans la farine, qui triture du savon liquide ou du lait ? Ce geste analytique semble transformer les substances. Mais cette transformation ne peut pas être comprise et encore moins vérifiée. Toutes les matières sont blanches, légèrement surexposées et si semblables qu’elles ne se distinguent presque pas les unes des autres. De plus, la transformation n’est pas le fait de la main qui touche et explore les substances. Celle-ci n’apparaît que comme image dans l’image. L’actrice principale est une main dirigeante qui semble faire apparaître l’image de la première dans ce dispositif expérimental à l’aide d’un écran tactile, voire qui est capable de téléguider la première main.
Une démonstration télécommandée, un succédané médiatique vient prendre la place de l’expérience authentique des sens. Le sens tactile humain s’est bien enrichi d’une interface supplémentaire, mais la délégation du processus mène à une perte de maîtrise effective. La possibilité de choisir, de toucher et d’agir reste purement conceptuelle.
Sabine Maria Schmidt

La boule

video on monitor, sound, 2' loop


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